La vie d'un gardien de phare
dépend du phare sur lequel il est en service.
Les phares sont classés en trois catégories :
- les phares en mer : les
enfers,
- les phares sur les îles :
les purgatoires
- les phares à terre : les
paradis.
La vie des gardiens est
ponctuée par les tours de gardes : tours de gardes à la
lanterne et à la radio.
Autrefois, les
phares à terre étaient servis par deux ou trois
gardiens logés sur place avec leurs familles, et
si leur isolement n'a rien à voir avec celui des
phares en mer, il n'est pas rare que l'agglomération la plus proche se situe à des
kilomètres. Avant l'âge de la voiture, ces micro-communautés vivaient repliées sur elles-mêmes, dans un climat
étouffant de jalousies,
de conflits et de récriminations. De plus, le
respect obligé de la hiérarchie pesait lourd
dans les rapports entre les familles, le
"maître de phare" était un chef
absolu.
La situation a
bien changé : l'automatisation a fait diminuer
le nombre des phares habités, la cohabitation de
plusieurs familles au pied d'un même phare n'est
plus la règle, et la banalisation de
l'automobile ainsi que l'urbanisation des
régions littorales ont fait de l'isolement
d'autrefois un mauvais souvenir.
Mais rien n'y
fait : dans l'imagination des terriens comme des
marins, le phare continuera longtemps de
symboliser la solitude.
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