Le Mensonge du Curé

de Mario BRODE.

 

          Cela s'était passé près de Tréguennec, à Saint-Vio. Le jour du Seigneur, tout le monde s’était endimanché pour aller à la grand messe de 10 heures. Le curé, que tout le village aimait, avait mis sa robe et la messe se déroula bien. L'office terminé, Marc, un homme de 35 ans, assez grand et costaud, s’avança vers l'homme de Dieu qu’il connaissait et lui parla

          - Bonjour.

          - Bonjour Marc, qu’est-ce que tu veux ?

          - Me confesser, mon Père.

          - Alors , suis-moi, mon fils.

 Ils s’installèrent dans un confessionnal.

            - Bon, je t’écoute.

          - Oui … et bien voilà c’est moi qui ai volé la Sainte Vierge de la chapelle, il y a trois jours.

          - Oh ! … tu as bien fait de me le dire mon fils, maintenant tu dois être soulagé.

          - Oui, je suis soulagé et c’est tout ce que j’avais à vous dire, au revoir.

          - Au revoir et à dimanche prochain . Pense à ramener la statuette entre temps et nous oublierons tous les deux ce qui s'est passé.

          Marc partit rassuré et rentra chez lui . Il  habitait dans un penty qu'il avait restauré  et où il vivait seul. Le lendemain sur la petite place du village, le curé qui avait fait le tour de toutes les maisons  pour que tout le monde soit présent, demanda le silence. Marc, plus que les autres, se  demandait ce qu’il allait leur dire, et était très inquiet.  

          - Je sais qui a volé la Sainte Vierge! s'exclama l'homme d'église.

           La foule émit un OH ! entre surprise et indignation.

Le curé reprit d’un ton sec, en pointant un doigt accusateur...

          - C’est Marc!

          Toute la foule se tourna vers lui scandalisée . Pris de panique, il partit en courant , pleurant de rage et d'humiliation. Le curé  n'avait pas le droit de lui faire ça. Il lui avait fait confiance et il l'avait trahi...

          Quelques jours plus tard, en fin de soirée, alors qu’Alfred le curé, était dans sa maison en pleine campagne, lorsque quelqu’un sonna à la porte. Bien que surpris par une visite à une heure aussi tardive, Alfred ouvrit :

          - Bonsoir, salua le curé sans reconnaître la silhouette qui se découpait sur le seuil mal éclairé.

          - Bonsoir, lui répondit d'une voix sombre et rocailleuse l'homme  grand et mince, entièrement vêtu de noir et qui gardait les mains dans ses poches. 

          - Qu’est-ce que vous voulez? demanda l’homme de foi.

          - Votre mort ! répliqua la silhouette avec un détachement glacial.

          - Quoi !  

          Avant qu’il n’ait eu le temps de dire autre chose, l’individu lui planta un couteau dans le cœur. Le lendemain matin la police arriva et aussitôt enquêta pour retrouver l’assassin, ils pensèrent aussitôt à Marc, parce que le curé avait dit devant tout le village qu’il avait volé la Sainte Vierge. Ils allèrent chez lui et sonnèrent. Marc ouvrit la porte :

          - Bonjour, dit Marc

          - Bonjour, dirent les policiers, on peut entrer ?

          - Oui, mais qu’est ce que vous me voulez ?

          - Où étais-tu hier en soirée ?

          - Pourquoi me posez-vous cette question ?

          - Parce qu’Alfred est mort assassiné

          - C'est pas vrai !

          - Si, et on pense que c'est toi qui l'a tué.

          - Pourquoi l'aurais-je tué ?

          - Parce qu’il t'a dénoncé et que tu as voulu te venger.

          - Mais c'est pas moi!

           - Prouve-le.

          - J’étais chez ma copine Nathalie, j’ai passé toute la nuit avec elle.

          - D’accord, nous allons vérifier. "

          Les policiers partirent et se rendirent chez Nathalie. Marc n’avait pas menti. Il avait dormi chez elle et n'était parti que vers 9 heure du matin.

          L’un des policiers demanda :

          - Si ce n’est pas Marc, qui ça peut bien être ?

          - Et si on allait voir Richard ? proposa son collègue.

          - Richard ?

          - Oui, tu sais, celui qui déteste Marc parce qu'il lui a piqué sa petite copine.

          Ils allèrent chez lui et sonnèrent. Il ouvrit.

          - Bonjour , Messieurs, dit-il avec étonnement en voyant les policiers.

          - Bonjour, répondirent-ils

          - Alors tu sais qu’Alfred est mort?

          - Quoi ! Il est mort, mais quand, comment?

          - Ecoute, ne fais pas l’innocent!

          - Je ne le fais point, je viens de rentrer de vacances

         - Prouve-le et tu n'auras aucun problème. On te fera même des excuses pour t'avoir soupçonné.

          - Oui, mais mon alibi est à Paris…