Meurtre au cimetière

de Valentino ROSSI.

 

          Tout commença le soir du dix-sept décembre mille neuf cent soixante-dix-neuf dans la ville de Pont-L'Abbé dans le cimetière, près de l'église des Carmes.

          Un jeune homme aperçut une ombre mystérieuse en train de tirer quelque chose, il s'approcha doucement et se cacha derrière une pierre tombale, il vit un personnage qui traînait une femme nue, apparemment morte dont les veines étaient coupées. Tout à coup, l'homme s'arrêta, lâcha la femme et tourna lentement la tête car il avait perçu une présence. Il se dirigea  sans hésiter, vers le coin où se cachait l'intrus.  Le témoin se mit alors à courir le plus vite possible en jetant cependant  un rapide coup d'œil derrière lui, il vit l'assassin prendre une arme, quelques secondes après, un coup de feu retentit. Le jeune garçon tomba à genoux tandis que le meurtrier se rapprochait de sa nouvelle victime qui maintenant était allongée par terre. A moitié mort, il voyait les pieds de son assassin qui était près de lui. Il tendit sa main attrapa un objet tombé de la poche de l’homme en noir, le porta à sa bouche, l'avala puis mourut.

          Le dix-huit décembre au matin une veille dame alla au cimetière pour y déposer des fleurs, sur la tombe de son mari quand soudain elle aperçut du sang. Quelques minutes plus tard, paniquée, elle appela la police.

          - Allô !

          - A.. allô, j'ai dé...découvert un b.. bras.

          - Calmez-vous madame, pouvez vous m'indiquer où vous avez vu ce membre.

          - Au cimetière de Pont-L'Abbé près de l'église des Carmes.

          - Merci beaucoup madame nous allons envoyer deux hommes au lieu dit.

          Quelques minutes plus tard, deux policiers arrivèrent.

          - Bonjour madame, je suis le commissaire Harris. Il était assez grand, cheveux blonds, les yeux bleu et était plutôt bien habillé pour un policier.

          - Voici mon coéquipier William.

          - Bon... bonjour.

          - Pouvez vous nous montrer où vous avez découvert ce bras ?

          - C’est... c'est par ici.

          Les deux policiers suivaient tranquillement la vieille dame jusqu'au lieu de sa macabre découverte. 

         - Merci madame, vous pouvez rentrer chez vous et vous reposer.

          Je regardais la vieille femme quitter le cimetière. Quand, tout à coup, un cri brisa le silence.

          C'était mon coéquipier qui m'appelait. Il était assez petit avec des cheveux châtains et des yeux marrons, il avait un petit nez et n'était pas très bien habillé . Il faut dire que sa paie ne lui permettait pas de faire des folies.

          Je me dirigeai vers lui.

          - Hum ! C’est bizarre il n'y a ni pierre tombale ni planche de bois qu’en pensez-vous william.

          - Euh ! Je ne sais pas.

          - Je vais appeler des renforts.

          - D’accord.

          - Attends William, tu as perdu ta chaîne et ta médaille.

          - Ah ! Merci.

          Il est vraiment bizarre aujourd’hui, on dirait qu’il est perturbé. Cinq minutes après j’arrivais à la voiture.

          - Allô ! Je voudrais une équipe, c’est pour un meurtre.

          - Où ça ?

          - Au cimetière près de l’église des Carmes.

          - On y sera dans une vingtaine de minutes.

          Une demi-heure après le secteur était bouclé, ils déterrèrent  le corps, et en même temps ils découvrirent un deuxième corps, celui d’une femme. Le photographe arriva, prit les photos nécessaires pour le dossier, et peu après ils emmenèrent les corps chez le médecin légiste pour les identifier et connaître la cause de leur mort.

          Le dix-neuf à neuf heures pile, j’arrivai au bureau du médecin

         - Bonjour monsieur.

          - Appelez-moi Arthur.

          Il était plutôt petit, mince, habillé d’une blouse blanche, il portait des lunettes et avait les yeux vert gris et les cheveux châtain.

          - Qui est la première victime et comment est-il mort ?

          - Le jeune garçon s’appelait Gwenn Gérard Morvant, il était orphelin mais je n’ai pas fini l’autopsie revenez en début d’après-midi.

          - Et la femme ?

           - La jeune dame s’appelait Jaqueline Guénec et elle est morte empoisonnée, il y a deux jours de cela.

          - Merci beaucoup et à tout à l’heure.

          - De rien, c’est mon métier !

          Je sortis du bureau et regagnai ma voiture pour aller au  cimetière.

         Arrivé dans celui-ci, je me mis en quête du moindre petit indice, sans succès.

          Quatre heures après je repartis chez le médecin légiste car l’autopsie du jeune homme devait être finie maintenant.

          Quand j’arrivai dans le bureau, je trouvai le chirurgien allongé sur le dos avec trois balles dans le ventre.

          - Qui vous a fait ça Arthur ?

          Il essaya de dire quelque chose puis il me montra un tiroir, je l’ouvris et j’y découvris une médaille dans un petit sac transparent.

          - Celui-là ?

          Il hocha la tête pour dire oui et mourut.  Je regardai une dernière fois dans le tiroir et je tâtonnais son rapport. Il avait trouvé la médaille dans l’estomac de l’homme.

          Je regardai la médaille et dis à haute voix :

          - William!

          C’était donc pour ça qu’il était s’y bizarre et  avait l’air d’avoir si peur au cimetière ! Je courus le plus vite possible à ma voiture, et en un démarrage fulgurant j’atteignis rapidement le commissariat. Je rentrais dans notre bureau, personne évidemment, j’en ressortis.

          - Où est mon coéquipier ?criai-je

          - Il est parti à l’étang du Pont-Neuf, me répondit un autre policier.

          - Mais qu’est-ce qu'il est parti faire là-bas !

          Cinq minutes après j’y arrivais, je descendis de la voiture et vis William jeter quelque chose qui paraissait assez lourd dans l’eau.

          - William.

          - Qu’est-ce que tu me veux !

          - C’est toi qui les as tués ?

          - Oui c’est moi.

          - Mais pourqu…

          Soudain il pointa son pistolet dans ma direction.

          - Que fais-tu ?

          - Je dois t’éliminer, tu sais beaucoup trop de choses.

          - De toute façon, tu ne pourras cacher ce secret éternellement, un jour un autre inspecteur le découvrira et tu devras payer tous tes actes.

          - Pas si je détruis... les preuves.

          D’un coup sec je dégainai mon arme mais pas assez rapidement, il me tira dessus, et la balle se logea dans ma jambe gauche, c’est alors qu’une horrible douleur m’envahit mais peu importe, mon arme était maintenant braquée sur lui, et d’un geste de colère je vidais le barillet de mon magnum d’un coup, sur le meurtrier. Celui-ci à moitié mort passa par-dessus l’estrade du pont et tomba dans l’eau de l’étang, tandis que son corps entouré de sang resta quelques secondes à la surface avant de s’enfoncer dans les profondeurs de cette eau sale et verdâtre.

          Le vingt décembre on retrouva le pistolet de l’assassin mais le corps restait introuvable.

          Peut-être avait-il survécu ?