Meurtre au GUILVINEC

d'Yvan LORANZO.

  

          Il y a deux ans de cela, un meurtre fut commis au Guilvinec. Une vielle dame âgé de 74 ans et qui s'appelait Anna Le Breuil avait été sauvagement étranglée dans son salon.

          C'était une personne âgée, bien aimée de ses voisins qui lui rendaient visite régulièrement. Le mari de la malheureuse avait fait naufrage avec La Marseillaise en 1923, trois semaines jour pour jour après leur mariage.  Neuf mois plus tard, elle accouchait d'un fils qu'elle avait élevé seule. Elle ne sortait jamais, sauf pour faire ses courses. On apercevait alors une bigoudène aux cheveux blancs, petite et fine, qui avançait  avec précaution en s'appuyant sur une canne marron. 

          Cette vieille dame très respectable habitait une vielle bâtisse 13, rue de Pen Fouet, en face du port et elle avait été étranglée alors qu'elle tricotait. Le médecin légiste avait noté des traces de gants sur le cou.  Personne ne comprenait pourquoi elle avait été assassinée. Elle faisait de mal à personne : une femme seule, discrète, sans histoire. 

          C'est l'adjudant-chef  Durant de la brigade du Guilvinec qui avait été chargé de l 'enquête,  aidé, si nécessaire, par la gendarmerie de Pont l'Abbé. 

          Deux gendarmes allèrent interroger les voisins de la vieille Anna. L'un d'eux, dont le salon donnait sur le penty de la victime,  avait aperçu une silhouette se faufiler dans l'obscurité de la maison .  

          L'adjudant alla voir à l'intérieur et constata des traces de boue sur le sol près de la fenêtre.  Le criminel portait sans doute des bottes et était probablement rentré par l'ouverture. De tels détails lui  rappelèrent un cas semblable qu'ils avait dû traiter, il y avait quelques mois. Mais cette fois quelqu'un avait entrevu le criminel et ils pourraient dégager un portrait-robot. 

          L'affaire partait pour être  difficile à résoudre étant donné l'absence de tout mobile "normal". 

          Lors de la perquisition, on retrouva sur son répertoire téléphonique son fils - un certain Daniel Le Breuil .

          Durant  l'appela et lui annonça la mort de sa mère.

          Aussitôt le fils sauta dans la premier avion. 

          A l'enterrement de sa mère,  il reconnut ses amis d'enfance Lucien, Pascal qui avait changé avec le temps. 

          Quand il fut seul, à la fin de la cérémonie, un homme, qu'il ne connaissait pas, s'approcha de lui et lui demanda s'il se rappelait de lui.

          Non, le visage qu'il avait sous les yeux ne lui disait rien.

          Alors le mystérieux inconnu lui souffla :

         - Jo ... mais si, "Jo-le-poux-qui-pue", ça ne te dit  rien du tout ? 

          Daniel eut alors une illumination. 

          - Joseph ! Jo-le-poux ! C'était pour rigoler . Comme je suis content, vieux, de te voir. Qu'est-ce que tu deviens ?

          L'homme eut alors un étrange sourire et répondit :

          - Je règle de vieux comptes... 

           Pendant ce temps,  à  la maison de la vieille Madame Le Breuil, l'adjudant-chef continuait à chercher, sans rien trouver, qui était l'assassin.