Le Meurtre parfait

de Ludovic OUSTREL.



          Le 10 mars 2000,  au cours d' une nuit froide et humide, un crime fut commis
, vers 21 heures, au port du Guilvinec. La victime était monsieur Broutz. 

          Un témoin oculaire avait tout vu; alors le tueur s'était mis à sa recherche. 

          Le lieutenant Colombo arriva sur le lieu du meurtre dans sa Peugeot 403 décapotable de couleur gris clair. En fumant son éternel gros cigare. Tout en se grattant la tête de la main droite, il pensait que l’assassin avait tué avec une hachette à  couper la viande de boucher.

          Il alla demander des renseignements aux voisins pour savoir s'ils avaient vu une personne ou une voiture pas ordinaire passer en face de chez eux . Ils répondirent que non, car à cette heure-là , ils étaient déjà couchés. 

          Mais le lieutenant continua à faire des recherches auprès de la secrétaire de monsieur Broutz, un célèbre écrivain, réputé pour le meilleur livre policier de l'année 2000. Il avait retrouvé des gants dans le port  et espérait que les empreintes de doigts soient celles du  tueur, mais, pour l'instant, aucun résultat ! aussi bien au laboratoire de recherche de la gendarmerie de Douarnenez, qu'à celui de Pont-l'Abbé ou d'Audierne. 

          Alors il cherchait le moindre indice qui pourrait l'aider à résoudre l'enquête. Soupçonnant la femme de monsieur Broutz qui s'appelait Clotilde,  il commença à lui poser des questions sur l'endroit où elle se trouvait au moment du meurtre de son mari pour savoir si elle avait un alibi, et si oui, lequel !

          Elle répondit qu'elle se trouvait chez une amie qui s'appelait Jacqueline, elles faisaient une partie de cartes toutes les deux. Elle était arrivée vers 19 heures et était repartie aux environs de 21 heures. 

          Mais l'inspecteur Colombo, perplexe, lui demanda si elle s'était absentée pendant quelques minutes, pour aller aux toilettes, par exemple.. 

          L'amie de Clotilde était une riche bourgeoise,  veuve, mère de  trois enfants. Le lieutenant avait trouvé un indice, c'était un morceau de tissu provenant de la robe de Clotilde car le jour même où  Colombo avait demandé à madame Broutz si elle n'avait pas remarqué quelque chose de bizarre dans le comportement de monsieur Broutz, elle avait répondu que non, et à ce moment-là il avait remarqué la robe déchirée dans le bas. Or, monsieur Broutz avait un morceau de tissu dans sa main droite au moment de l'autopsie.  Le meurtrier était donc madame Broutz uniquement pour l'argent que son mari avait sur son compte. La somme était de 200.000.000 $. 


          Donc le lieutenant avait pensé que madame Broutz l'avait tué, mais, en fait, après mûres réflexions, elle  n'aurait pas pu le tuer en cinq minutes. Le domicile de son amie était beaucoup trop loin du port. Par contre, Jacqueline s'était absentée pendant vingt-cinq minutes, prétextant qu'elle  allait prendre un bain  aux algues pour se relaxer, car elle était très tendue.. Ca lui laissait le temps d'aller tuer monsieur Broutz à son domicile.

          Le tueur était bien Jacqueline qui était la cousine de la victime. Elle avait eu besoin d'argent , mais son cousin, devant l'importance de la somme demandée, avait refusé. De rage, et aussi par calcul, elle n'avait pas hésité à le tuer.  Madame Broutz ne savait pas que Jacqueline était la cousine de son mari et qu'elle pensait  obtenir d'elle  la somme dont elle avait tant besoin. 

          Résultat ? Jacqueline est en prison pour de nombreuses années et c'est madame Broutz qui va pouvoir profiter de l'énorme héritage de son époux...