|
Un pendu à Laennec de Laure VERTHEZ. |
|
|
Il était tout blanc, avec des cheveux gras, et un cou légèrement enflé mauve et un peu bleuté - à cause de la corde probablement. Ses mains étaient tachées de sang sec. Enfin ses grands pieds de pendu étaient nus et tout mauves. Ensuite un des policiers a dénoué la corde, et posé le cadavre sur un brancard, puis a recouvert le macchabée d'un tissu blanc et fin. Moi, Madame le commissaire Lacroix , chargé de l'enquête, j'ai commencé d’abord par aller voir le médecin légiste : - Aucune trace de peau sous les ongles, m'a-t-il dit, ni de griffure sur le corps ! Je pense que votre macchabée s'est donné la mort ! - Peut-être, mais expliquez-moi donc pourquoi cet homme se serait suicidé alors qu'il avait une femme superbe, deux enfants adorables et un boulot bien payé ! Et surtout pourquoi il se serait donné la mort dans le C.D. I d'un collège ? Et enfin pourquoi à Laënnec? - Peut-être avait-il des problèmes personnels avec sa femme ou ses enfants, ou même son métier... - Oui ! Mais que vient faire le C D I de Laennec dans cette histoire ? Pour trouver les réponses à mes questions, j'allai chez la femme de la victime. Mais elle m'affirma, que son regretté mari n'avait aucun problème familial, ni professionnel et qu'elle ne lui connaissait pas d'ennemi. Pourtant j'étais persuadée que c'était un meurtre, que la victime avait été pendue et non qu'elle s'était pendu d'elle-même ! Le lendemain, je regardai sur la liste écrite par ma collègue les noms des personnes qui étaient présentes au collège Laënnec le jour de la mort, c'est-à-dire, d’après le médecin légiste, le mercredi 18 janvier 2000. La liste était la suivante :
Je m'assurai qu'elle était complète, avant d'aller interroger ces personnes. Je commençai par M. Cariou dont l’interrogatoire se fit dans son bureau. - Bonjour, Monsieur ! Je suis le commissaire Lacroix , je viens vous poser quelques questions au sujet du meurtre qui a eu lieu dans votre établissement. - Quelle terrible histoire ! Je vous en prie : demandez-moi tout ce que vous voudrez. - Pour commencer - la routine vous savez - où étiez-vous vous-même le mercredi 18 janvier ? - Dans mon bureau, comme d'habitude, j’avais plein de choses à régler. - Avez-vous vu, ou peut être entendu, "quelque chose" ? - A priori, non ! Vous savez, le charpentier qui travaillait dans la salle, où l'on met les sacs de sport faisait un boucan du diable ! - Au fait savez-vous pourquoi trois jeunes lycéens étaient présents dans le collège, ce mercredi-là ? - Bien sûr, ils viennent tous les mercredis pour les nouvelles constructions de la cour ! - Oui, je vois et croyez-vous que eux aient vu "quelque chose" ? - Allez donc le leur demander, ils sont sur le chantier en ce moment ! - J’y vais de ce pas. Au revoir M. Cariou ! - Au revoir, Madame le commissaire ! Je vis comme prévu les trois jeunes lycéens et leur posai quelques questions, mais ils m’affirmèrent qu’ils n’avaient rien entendu et qu’ils étaient probablement déjà partis quand le crime avait eu lieu Les témoignages des deux autres personnes de la liste ne me donnèrent pas plus de renseignements utiles. Aucune d’entre elles n’avait vu ou entendu la moindre chose suspecte. Cette histoire me paraissait de plus en plus mystérieuse ... Je retournai sur le lieu du crime qui portait les scellés pour essayer de relever le moindre indice, je notai la chaise qui était encore par terre et me dis soudain que je m’étais peut-être trompé, que je m’acharnai à trouver un coupable qui n’existait peut-être que dans ma tête. Mais en parcourant machinalement les livres devant moi, mes yeux s’arrêtèrent sur un bouquin au titre de circonstance : Le pendu , écrit par Anne Guirriec. Il y avait également une seconde coïncidence : l'auteur portait le même nom qu’une des personnes de la liste ! Le plus étrange, surtout, c’est qu’à l’intérieur du bouquin, je découvris une lettre, la lettre qui suit : Chère maman ,
Un ans après son arrestation, Franck s’est suicidé dans sa cellule en se pendant à son tour avec son pantalon à un barreau de sa cellule.
|
|