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    Je me promenais dans cette rue avec mon petit-fils. Cette rue me rappelle bien des souvenirs et en partie mon travail à l'usine. J'ai commencé à travailler à 13 ans. Je travaillais dans une usine de poisson. En ce temps là, tout le monde avait du travail, il n'y avait pas de chômage. Ce n'est pas comme maintenant où on voit des milliers de personnes dans les rues sans travail, sans rien. Mes journées étaient chargées : il fallait que je commence à huit heures le matin jusqu'à douze heures, pour reprendre à treize heures trente jusqu'à dix-neuf heures et le soir de vingt heures à minuit. Et je travaillais dur comme ça, tout le temps, tous les jours sauf le dimanche.

     Je ne pouvais pas m'amuser comme les enfants riches qui eux ne travaillaient pas et ça me rendait triste. Les riches se moquaient des enfants qui travaillaient. Ils n'avaient aucune pitié pour nous. Le dimanche, je me reposais et le lundi je reprenais le travail.

     Notre directeur était un riche, il était méchant avec nous, strict et sans pitié. Je crois qu'il n'avait pas de femme. Avec lui, pas de pauses pour les toilettes, il ne nous faisait pas de cadeaux. Et on se révoltait, mais rien, il ne disait rien.

     Ah ! Ces révoltes, elles étaient bien, mais ne nous écartons pas du sujet.

     Tous les soirs, quand je rentrais chez moi, ma mère me demandait si ça allait, et je lui répondais que ça allait, mais ça n'allait jamais, j'étais triste. Au fond, j'étais dégoûtée de tout, du travail, de ce pays. J'irais même jusqu'à dire que la France me dégoûtait.

     Je me rappelle qu'une fois, le directeur était en train de s'acharner sur une pauvre petite fille de 13 ans qui avait mal fait son travail. Moi j'avais 14 ans et j'en avais assez de cette violence , alors j'ai jeté mon tablier, j'ai pris une boîte de sardines et j'ai tapé le directeur avec. Après je fus punie, mais je n'en avais rien à faire car j'étais contente et fière d'avoir frappé le directeur.

     Aujourd'hui, je ne regrette pas ce que j'ai fait et si c'était à refaire, je le referais.

JEREMY 

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