Récits de vie                                    L'usine
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     Il y a deux, trois jours, deux jeunes filles sont venues me voir en me demandant de leur raconter ma vie. Cette expérience m'a permis de me revoir enfant lorsque je n'étais pas encore amené à diriger l'usine et lorsque mon père occupait ma place. Je revois mon père, le dur travail qu'il faisait à l'usine tandis que moi je me promenais parmi les machines toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. J'entends encore mon père m'interpeller en me disant :
" Alain! sors de cette salle! Cela peut être très dangereux pour un enfant de ton âge! "
Je savais très bien que cette salle était dangereuse, mais j'adorais cette odeur qui aujourd'hui encore m'emplit de toutes ces sensations.

     Mon père ne pouvait pas toujours s'occuper de moi, il engagea donc ma mère pour l'aider à me surveiller. Lorsque ma mère est arrivée, je ne pouvais plus aller ici ou là. Je me sentais prisonnier d'elle. Elle ne me laissait pas faire un seul pas sans elle. Mais très vite mon père eut besoin de plus de personnel pour l'usine. Il dut engager ma mère pour l'aider. Je retrouvais donc mon indépendance, livré à moi- même dans l'usine. Je n'avais plus à me soucier de qui était derrière mon dos et quand.

     Il n'y avait vraiment que dans l'usine que je me sentais chez moi. Parfois il m'arrivait d'y passer la nuit, lorsque mes parents faisaient l'inventaire. Les nuits dans l'usine étaient merveilleuses. L'atmosphère qui y régnait était calme: pas un seul bruit de machines. C'était si paisible, si calme que je m'endormais vite sans avoir le temps de m'en rendre compte.

     Souvent je rêve encore de ces nuits, ces nuits si merveilleuses que j'ai passées autrefois et qui ne sont plus à présent.

     Et c'est grâce à ces deux jeunes filles qu'aujourd'hui mon coeur est empli de joie et que j'ai pu me rendre compte de la chance que j'ai d'avoir repris cette affaire de famille. Certes elle me demande beaucoup de temps, mais j'en suis fier.

EMILIE 

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