Récits de vie                                    La guerre
L'école
Récit de Romain
Récit de David
Récit de Cédric

L'usine
Récit de Emilie
Récit de Jérémy
Récit de Emilie D.
Récit de Anna-Noëlle

La guerre
Récit de Tony
Récit de Karine
Récit de Jessica
Récit de Delphine
Récit de Julie
Récit de Jérémy

La pêche
Récit de Anthony
Récit de Steeven
Récit de Gaël

Le menuisier
Récit de Jérémy

Le service militaire
Récit de Frédéric

La petite bonne
Récit de Lenaïg

 

    Quand éclata la guerre au Kosovo, un sentiment de frayeur m' envahit à l'idée de revivre ce que j'avais moi-même vécu dans mon triste passé. A mes dix huit ans, ce fut la guerre alors là il n'y avait plus de sortie, plus rien, il fallait travailler.

     Je fus mariée à mes vingt ans et la vie était dure, mon mari était pêcheur, on ne gagnait pas beaucoup de sous, j'eus dix enfants et il me fallut me débrouiller seule.

     Notre première fille naquit pendant la guerre. Mon mari, n'ayant pu prendre congé à bord du bateau, vit notre progéniture à sa rentrée de mer deux ou trois jours plus tard, sur le port quand je vins l'aider à ramener les filets à la maison pour les ramender, les faire sécher et tanner. Puis quand il lui fallut retourner en mer, nous ramenâmes les filets au port, dans notre petite charrette de fortune.

     Je me retrouvai seule avec mon enfant, une de ces longues soirées d'hiver 1944, pendant l'occupation de la Bretagne par les Allemands. Pour une femme seule ce n'était pas très rassurant. Tout particulièrement ce soir- là, j'eus du mal à m'endormir car il y avait deux Allemands en patrouille devant la maison, je tremblais à chaque mot prononcé par l'un d'eux. Mais cette frayeur n'était rien à côté de celle que j'eus quand ma fille, inconsciente de ses deux mois, se mit à pleurer en pleine nuit. J'allumai vite une bougie, mis l'eau à bouillir et fis chauffer le biberon. Une sueur froide me traversa le corps de haut en bas quand quelqu'un frappa à la porte. J'ouvris cette porte massive dont les gonds, qui manquaient d'huile, faisaient un bruit sourd, qui rendait encore plus dur ce moment pour mon pauvre cœur qui battait à cent à l'heure. La surprise fut un Allemand en "costume " de guerre qui me dit tout simplement en allemand : " le rideau noir. " Le rideau noir était à placer devant la fenêtre pour que la lumière ne vienne s'étaler sur le sol, cet Allemand était "gentil ", peut- être ne voulait- il pas s'en prendre à une pauvre femme et son enfant.

     Une chose est sûre, je ne souhaite à personne de vivre une guerre. Plus jamais ça...

TONY

 

  haut de page